Se convertir c’est se laisser déranger… : “Ma grâce te suffit.“
Frères et sœurs,
L’Évangile du jour nous invite de façon assez radicale à la conversion urgente de notre vie. Jésus proclame « Si vous ne vous convertissez pas… ». Ainsi ces 40 jours de carême nous proposons le jeûne, la prière et le partage pour nous entraîner. En cette mi-carême, où sommes-nous dans notre plan d’action personnel et communautaire ? A l’image de Moïse, quel « détour » sommes-nous prêts à faire pour voir brûler le feu de l’Esprit dans nos vies ?
Ces dernières semaines, notre paroisse voit s’approcher de nouveaux membres qui arrivent ou reviennent à l’Église. Ils nous surprennent, nous déplacent : ils ont le feu.
Mercredi, lors de la « Messe à la bougie des étudiants », plus de 300 personnes, dont plus de 250 jeunes, étaient présents pour la Saint Joseph et la vénération de la Croix d’Immortelles de Marcel Callo, en l’honneur des 80 ans de son martyre. Ce soir-là, ce fut un moment hors du temps, une onction a touché l’assemblée.
Alors évidemment cette jeunesse qui découvre la foi et ne comprend rien aux rites qui sont une évidence pour nous, bougent et pose des questions, même pendant la messe. Il y a parfois comme un bruissement qui peut surprendre.
Laissons-nous déranger, car cela nous fera du bien pour notre conversion personnelle et nous réveillera dans notre foi parfois anesthésiée par des automatismes vitaux qui demandent à être vivifiés par la miséricorde et la tendresse de Dieu.
La conversion, c’est oser un engagement qui peut transformer notre vie au service du monde dans lequel nous avons été plantés. Ainsi, Moïse s’est laissé déplacer dans de nombreux « détours » pour sauver le Peuple Élu, et notre Seigneur Jésus-Christ a accepté le projet du Père qui passe par la Croix salvifique pour toute l’humanité.
« Le Christ n’a pas voulu beaucoup nous expliquer son amour pour nous, mais Il l’a manifesté par ses gestes » écrit le Pape François dans la magnifique Encyclique sur le Sacré-Cœur : « Il nous a aimés ». Voilà toute notre espérance : poser des gestes et des paroles qui sauvent, signes d’une conversion féconde et humble .
« L’histoire du Salut s’accomplit en « espérant contre toute espérance » (Rm 4, 18), et à travers nos faiblesses. Nous pensons trop souvent que Dieu ne s’appuie que sur notre côté bon et gagnant, alors qu’en réalité la plus grande partie de ses desseins se réalisent à travers et en dépit de notre faiblesse. Ce qui fait dire à saint Paul : « Pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime. Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré : “Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse” » (2 Co 12, 7-9). » (Lettre Apostolique sur Saint Joseph).
Belle suite de carême
Fraternellement
Père Nicolas Guillou +
